Interview par SIAJE de Adrien Van Eynde, Président de Junior ConsultingCette semaine nous laissons la parole à une Junior-Entreprise très sympa : Junior Consulting Sciences Po : Pouvez-vous présenter en quelques mots votre Junior-Entreprise ? Quels sont ses points forts sur le marché actuel ?Créée en 1980, Junior Consulting – Sciences Po est la Junior-Entreprise de Sciences Po Paris, qui a la particularité (plutôt infamante dans le monde très catégorisé des Junior-Entreprises) de n’être ni une école d’ingénieur, ni une école de commerce, ni une université mais de posséder le statut de grand établissement. Nous avons remporté le label Meilleur Espoir en 2009 et les labels Communication et Entrepreneur en 2010. Nos cinq pôles d’expertise proposent la plupart des domaines de compétences classiques pour une Junior dite « commerciale » : finance, audit, marketing, communication, ressources humaines etc. mais la grande diversité des Masters de Sciences Po et la pluridisciplinarité des 9000 étudiants qui y travaillent nous permettent de bâtir des offres transverses et de développer des compétences spécifiques telles que le développement durable, la RSE et le conseil au secteur public. Ces derniers domaines constituent sans doute les principaux avantages comparatifs de notre offre, mais il faut aussi évoquer l’incroyable richesse du vivier d’étudiants de tous profils qui peuvent mener des missions pour la Junior, le réseau des instituts et des centres de recherche rattachés à Sciences Po et les opportunités offertes par les 6 campus en région en termes de zones d’interventions pour les missions. Quels sont les challenges auxquels votre Junior-Entreprise doit faire face aujourd’hui ? Et demain ?Nous connaissons aujourd’hui ce qu’on appelle une « crise » de croissance : l’association existe depuis 31 ans mais ne fait partie du mouvement national que depuis 3 ans et la marque Junior-Entreprise a indéniablement entraîné un bond dans l’activité : nous sommes passés en l’espace de deux ans de 50 000 euros de chiffre d’affaires à 250 000 et la tendance haussière se confirme également pour 2011. Il nous a fallu nous adapter rapidement à cette activité accrue, en augmentant la taille de l’équipe (de 12 à 30 membres permanents), en fournissant un effort important de formalisation, en restructurant nos méthodologies et nos procédures. C’est un challenge permanent de continuer à se développer tout en maintenant le même degré de professionnalisme pour nos clients et en conservant la même cohésion d’équipe. Quelles sont les pistes de développement sur lesquelles vous travaillez actuellement ? Dans quel but ?Nous travaillons depuis quelques mois sur une double certification ISO 9001 et ISO 14001 qui nous permettrait de valider officiellement la pertinence du système de management de la qualité et du système de management environnemental que nous avons développés. Ces normes, en plus de constituer un signal positif fort pour nos clients, sont des véritables catalyseurs de performances car elles impliquent d’analyser en profondeur la façon dont nous travaillons, de déceler les faiblesses dans notre fonctionnement et de sécuriser la pérennité de l’association. Vous êtes très présents sur les réseaux sociaux avec un compte Twitter et une page Facebook notamment. Pouvez-vous nous expliquez en quoi cela appuie votre stratégie actuelle ?C’est une ligne de notre stratégie de communication que nous avons défendu en soumettant le dossier du label Communication. Deux membres de notre équipe se chargent, en plus de l’encadrement des missions, du community management et alimentent notre site Internet et les réseaux sociaux. Cette stratégie vise essentiellement les étudiants de Sciences Po, qui sont nombreux à suivre nos news et les offres de mission. Nous recrutons beaucoup plus facilement depuis que nous postons ces dernières sur Facebook et sur Twitter. La notoriété au sein de notre école est également un challenge, dans la mesure où l’existence d’une Junior-Entreprise n’est pas nécessairement naturelle et justifiée pour certains membres de la communauté Sciences Po. Dans quelle direction pensez-vous que le mouvement des Junior-Entreprises pourrait s’orienter dans les prochaines années ?Il est difficile de le dire, mais je n’anticipe pas une révolution radicale dans le mouvement. L’effort mené par la CNJE pour inciter les universités à créer des Junior-Entreprises me paraît extrêmement méritoire et utile, et j’espère que d’autres structures de l’enseignement supérieur pourront bientôt rejoindre les rangs du mouvement. A l’inverse, je pense que la culture Junior-Entreprise, malgré le discours officiel, n’encourage pas à prendre des risques et à innover, à développer et faire mûrir l’esprit entrepreneurial. Le terme de « Junior-Entrepreneur » me paraît à ce titre totalement injustifié et abusif. Nous sommes finalement très cloisonnés dans nos capacités d’action et la règlementation à laquelle nous sommes contraints est démesurément lourde. J’espère que des évolutions permettront aux étudiants qui travaillent en Junior-Entreprises de pouvoir se distancier de ce cadre et de favoriser l’esprit start-up. Si vous aviez un seul conseil à donner à une Junior qui se lance en ce moment, quel serait-il ?Garder à l’esprit qu’au-delà des problématiques de développement interne, la raison d’être d’une Junior-Entreprise est de répondre aux besoins de ses clients. Il vaut mieux commencer par une étude rigoureusement menée et un client satisfait plutôt que de voir trop gros et de se brûler les ailes. |
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